Pourquoi cette structure existe
La plupart des entreprises privées d'envergure — sociétés de capital-investissement, gestionnaires d'actifs, nombreuses sociétés de services professionnels et de technologie — sont organisées en sociétés de personnes ou en LLC. C'est délibéré : les sociétés de personnes ne sont pas imposées au niveau de l'entité. Les bénéfices remontent directement aux propriétaires, qui sont imposés une seule fois, sur leur déclaration personnelle.
Une C corporation classique fonctionne autrement. La société paie l'impôt sur les sociétés sur ses bénéfices, et les actionnaires sont imposés de nouveau sur les dividendes. C'est le problème classique de la « double imposition ».
Ainsi, lorsqu'une société de personnes souhaite entrer en bourse, ses propriétaires font face à un arbitrage désagréable : se transformer en C corporation permet la cotation mais leur coûte leur unique couche d'imposition.
L'Up-C est le contournement.
Comment elle est construite
La structure comporte deux étages :
- Étage inférieur — la société de personnes opérationnelle (souvent appelée « OpCo »). C'est l'entreprise réelle. Elle reste une société de personnes sur le plan fiscal. Les fondateurs et les investisseurs d'avant l'IPO y détiennent leurs parts.
- Étage supérieur — la société cotée (« PubCo »). Une C corporation nouvellement créée qui s'introduit en bourse. Elle utilise le produit de l'IPO pour acquérir une participation dans OpCo et en devient le membre gérant.
Les investisseurs publics achètent des actions PubCo. Les fondateurs continuent de détenir des parts d'OpCo. Les droits de vote sont généralement équilibrés par une catégorie d'actions PubCo à faible contenu économique et à droit de vote renforcé émises aux fondateurs, de sorte que leur contrôle corresponde à leur participation économique.
Résultat : les fondateurs conservent la transparence fiscale sur leur quote-part de bénéfices, tandis que l'entreprise accède aux capitaux publics.
Le droit d'échange — là où apparaît l'actif fiscal
Les fondateurs détiennent un droit d'échange : ils peuvent convertir leurs parts d'OpCo en actions PubCo (ou en numéraire), généralement de manière échelonnée.
Lorsqu'ils l'exercent, un événement fiscal important se produit. PubCo est réputée acheter une participation dans une société de personnes, ce qui lui permet de rehausser la base fiscale de sa quote-part des actifs d'OpCo à leur valeur de marché.
Ce rehaussement génère des déductions supplémentaires d'amortissement, qui réduisent le résultat imposable de PubCo pendant des années.
C'est ce mécanisme qui donne naissance au tax receivable agreement — le contrat par lequel PubCo s'engage à reverser environ 85 % de ces économies d'impôt réalisées aux fondateurs qui procèdent à l'échange.
Avantages et critiques
Les arguments favorables :
- Préserve l'imposition à une seule couche pour les fondateurs, autrement pénalisés du simple fait de la cotation.
- Permet aux fondateurs de différer l'impôt en choisissant le moment de l'échange.
- Procure un véritable rehaussement de base ayant une valeur économique réelle pour la société cotée.
- Courant, bien documenté et divulgué dans les dépôts réglementaires.
Les critiques :
- Complexité. Les structures à deux étages avec droits d'échange, TRA et vote à double catégorie sont difficiles à évaluer pour les investisseurs ordinaires.
- Gouvernance. Les fondateurs conservent souvent le contrôle via des actions à vote renforcé tout en ne détenant qu'une minorité de l'économie.
- Asymétrie. Les actionnaires publics supportent l'impôt sur les sociétés en totalité sur leur quote-part de bénéfices ; les fondateurs non, sur la leur.
- Le poids du TRA. L'avantage du rehaussement est largement cédé par contrat aux initiés, si bien que PubCo porte dès le premier jour un passif long terme substantiel.
Où on la rencontre
Les structures Up-C sont particulièrement répandues chez les gestionnaires d'actifs alternatifs, les sociétés de capital-investissement et les sponsors financiers — précisément les entreprises organisées en sociétés de personnes dont les fondateurs détiennent des participations importantes à faible base fiscale. Plusieurs des litiges TRA les plus médiatisés concernent des sociétés Up-C de ce secteur.
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Cet article explicatif constitue une analyse et une information générale, et non un conseil fiscal, juridique ou en investissement.